Renouvellement du Conseil d’Administration de la SFPT et nouveau Bureau !
Introduction du support des données NISAR dans ENVI SARscape
Actualités des Pôles de l’IR Data Terra
Raphaële Héno, présidente de la SFPT
Chères adhérentes, chers adhérents,
Cette nouvelle édition de la newsletter de la SFPT témoigne une fois encore du dynamisme de notre communauté et de la richesse des évolutions dans les domaines de la photogrammétrie, de la télédétection et de l’observation de la Terre.
Nous y partageons tout d’abord les évolutions de la gouvernance de notre association, avec le renouvellement du Conseil d’administration et du Bureau, avant de mettre en lumière plusieurs actualités marquantes : les initiatives du CNES dans le cadre de France 2030, les avancées autour de la mission NISAR et de ses applications prometteuses, ainsi que les dernières actions menées au sein des pôles de l’infrastructure de recherche Data Terra. Nous nous réjouissons par ailleurs que l’assemblée générale de l’ISPRS ait choisi le projet franco-marocain porté par Alessandro Rizzo et Adnane Labbaci pour piloter jusqu’en 2030 la commission V (Education and outreach) sur un périmètre élargi aux plateformes de données.
Ces informations illustrent la vitalité de notre écosystème et le rôle essentiel des données géospatiales pour répondre aux enjeux scientifiques, environnementaux et territoriaux d’aujourd’hui.
Je vous souhaite une excellente lecture et un très bel été.
Suite à l’Assemblée Générale du 9 juin dernier, la SFPT a accueilli trois nouvelles personnes dans son Conseil d’Administration :
Les trois arrivants remplacent Olivier de Joinville (démissionnaire), Jean-Marc Laherere (CNES, départ en retraite) et Luc Lapierre.
Pour le Bureau, il y avait deux places vacantes : le poste de Secrétaire Général laissé par Michaël Tonon (Airbus) arrivant en fin de mandat non renouvelable, et celui de Trésorier Adjoint que Luc Lapierre ne souhaitait pas renouveler. Par ailleurs, un poste de Secrétaire Général Adjoint a été ouvert pour assister le nouveau Secrétaire Général. Ont été élus :
La liste exhaustive de tous les membres du CA et du Bureau de la SFPT figure sur notre site web : https://www.sfpt.fr/bureau-et-conseil-dadministration-de-la-sfpt/
La SFPT remercie chaleureusement les partants pour tout ce qu’ils ont apporté à la SFPT pendant ces nombreuses années. Un remerciement spécial à Luc Lapierre pour l’important travail qu’il a effectué comme Trésorier et Trésorier Adjoint de la SFPT : Luc, avec Nahossio Gonga, ont été à l’origine du passage de la base d’adhérents sous Pep’s Up et y ont beaucoup travaillé, ainsi que dans la mise au net des différents comptes de la SFPT. Afin de continuer à nous apporter son expertise sur les comptes, Luc a accepté de continuer à conseiller le CA et le Bureau pendant encore quelques temps.
Nous remercions également beaucoup tous les nouveaux arrivants pour leur engagement et la nouvelle énergie qu’ils vont amener dans l’Association. Nous sommes persuadés qu’ils vont nous apporter beaucoup pour renouveler les défis qui nous attendent !

La sortie d’ ENVI® SARscape 6.3 en avril 2026 inclut un support préliminaire des données NASA-ISRO SAR (NISAR). La mission NISAR est un projet conjoint de satellite d’observation de la Terre entre la NASA et l’Agence Spatiale Indienne (ISRO), conçu pour surveiller les changements des surfaces terrestres et glacées de la planète à l’aide d’imagerie radar. Il fournit des données de résolution moyenne, toutes conditions météorologiques, jour et nuit, pour étudier des phénomènes tels que :
NISAR améliorera notre compréhension des changements environnementaux, ainsi que des dangers naturels et anthropiques sur la terre et la glace.

| Date de lancement | 30 juillet 2025 |
| Fréquence | 12 jours |
| Bandes | Bande L (longueur d’onde de 24 cm), fournie en deux fréquences : A et B. La fréquence A convient à l’interférométrie et en général aux applications mentionnées ci-dessus, tandis que B convient aux corrections d’effet de l’ionosphère. Bande S (longueur d’onde de 10 cm, fréquence de 3,2 GHz) |
| Résolution | Bande L : 7 m along track, 2 à 8 m cross track (selon le mode) Bande S : 8 m along track, 3 à 24 m cross track |
| Polarimétrie | Polarisation simple, double, compact, quad pol |
| Couverture | Bande L : global Bande S : Inde et autres lieux sélectionnés |
| Accès aux données | Bande L : NASA EarthData, Alaska SAR Facility Vertex Bande S et bande L : ISRO Bhoonidhi |
| Usage | Bande L : Interférométrie pour les déformations de surface, la végétation, l’humidité du sol, l’analyse des inondations, la surveillance de la cryosphère Bande S : Surface végétale supérieure |
En février 2026, plus de 100 000 échantillons de données pré-étalonnées ont été rendus publics. Les produits calibrés sont prévus pour juillet 2026.
Actuellement, ENVI SARscape supporte les types de données NISAR suivants :
ENVI SARscape 6.3 fournit un outil d’import NISAR pour importer les types de données NISAR mentionnés ci-dessus et les enregistrer dans un format SLC dédié pour un traitement ultérieur.


Un aspect passionnant du NISAR est l’inclusion d’un capteur en bande L, qui nous permet d’observer des phénomènes uniques que nous ne pouvons pas atteindre avec des capteurs à longueur d’onde plus courte tels que les bandes X et C. Par exemple, les capteurs en bande L permettent une pénétration plus profonde dans les couches de la canopée végétale, interagissant avec les troncs, les branches, et même partiellement avec le sol. Les longueurs d’onde de la bande L sont sensibles à la biomasse et aux composants ligneux, ce qui facilite l’estimation de l’humidité du sol dans les zones peu végétalisées et modérément végétalisées.
Végétation
Des données SAR complexes peuvent être utilisées pour analyser la végétation en utilisant la partie intensité du signal radar, la phase ou les deux. Des exemples sont présentés ci-dessous pour la zone agricole des Everglades au sud du lac Okeechobee en Floride, aux États-Unis. Un ensemble de cinq images NISAR HH+HV entre novembre 2025 et janvier 2026 a été combiné pour une analyse statistique de l’intensité des signaux radar réfléchis.
La composition RVB résultante présente le coefficient de variation (canal rouge), la valeur minimale (canal vert) et le gradient (canal bleu). Le coefficient de variation est le rapport entre la variation standard et la valeur moyenne de l’intensité de rétrodiffusion SAR, montrant les variations des cultures. Les pixels verts indiquent la valeur minimale de rétrodiffusion extraite de toutes les données d’entrée ou les changements minimes sur la surface. Les pixels en dégradé (bleus) représentent la variation absolue maximale entre les dates d’acquisition consécutives pour suivre les changements rapides dans le temps. La combinaison de ces paramètres statistiques révèle où les changements sont apparus pendant la période d’observation – les zones rouges, bleues et violettes, et où les États sont restés stables – les zones vertes.

Une série temporelle d’intensité peut révéler exactement quand les changements se sont produits :


Une série d’images NISAR en bande L peut être utilisée pour dériver l’Enhanced Dual Polarization SAR Vegetation Index (EDPSVI) en utilisant des données polarisées HH+HV ou VV+VH. Cet indice démontre la diversité de la couverture terrestre et l’étendue de la végétation à partir des informations d’intensité issues d’un ensemble d’images uniques en bande L. L’estimation supplémentaire de la cohérence dans la méthode EDPSVI fournit un seuil pour distinguer les zones urbaines des zones végétalisées. Cela permet d’éviter les mauvais calculs des composants de biomasse sur les zones non végétalisées.

Enfin, une série temporelle de cohérence peut être utilisée pour générer un profil temporel, comme indiqué ci-dessous.


Agriculture
L’exemple suivant montre une analyse des vergers dans la région du Telangana en Inde pendant la saison sèche (décembre 2025 à janvier 2026). Pour cette étude, un ensemble d’images NISAR en bande L a été collecté entre novembre 2025 et janvier 2026. Les signaux radar en bande L peuvent pénétrer à travers la canopée des arbres et atteindre les troncs avec une forte rétrodiffusion. Ainsi, la cohérence reste stable et forte au fil du temps, ce qui se manifeste par des parcelles de terre plus brillantes dans des cartes de cohérence multi-temporelles. En revanche, les champs de culture environnants présentent une cohérence variable dans le temps, visible sous forme de taches plus sombres.
Une analyse conjointe a été réalisée à l’aide des indices de végétation E-DPSVI et NDVI calculés à partir de séries d’images Sentinel-1&2 sur un an.

Inondations
Le radar en bande L du NISAR est très efficace pour la cartographie des inondations car il peut détecter l’eau grâce à un fort contraste radar et identifier les inondations sous les couvertures forestières. L’eau libre paraît sombre car le signal radar rebondit sur l’eau et s’éloigne du capteur. Les forêts inondées paraissent lumineuses car le signal radar rebondit entre les troncs d’arbres et l’eau dans un processus connu sous le nom de diffusion dièdrique (ou double rebond).
Le parc national Kruger, en Afrique du Sud, a subi d’importantes inondations le 12 janvier 2026. Les images ci-dessous montrent des scènes NISAR GLSC HH-polarisées avant et après l’inondation.


À partir de ces deux images, nous avons utilisé l’outil ENVI SARscape Flooding Classification pour créer une carte de classification des inondations de la région.

Même avec la disponibilité limitée des données NISAR, une démonstration préliminaire montre une approche de Small Baseline Subset (SBAS) pour la surveillance de la déformation de surface. Dans cet exemple, six images NISAR ont été collectées autour de Mexico entre octobre 2025 et janvier 2026. Pour vérifier les résultats, l’ensemble de données d’observation a été étendu avec 30 images Sentinel-1 collectées entre janvier 2024 et décembre 2024, ainsi que 18 images Capella de juin à août 2024.


Vitesse déterminée par le NISAR dans la région de Mexico pour la période d’octobre 2025 à janvier 2026 (à gauche). Comparaison de la vitesse LOS pour Mexico déterminée par les images NISAR (bande L), Sentinel-1 (bande C) et Capella (bande X) (à droite), Sarmap.
Les longueurs d’onde de la bande L peuvent pénétrer les couches de neige et les surfaces de glace sèche, nous permettant de surveiller la dynamique des glaciers et d’estimer la vitesse des calottes glaciaires en mouvement.


Image géocodée, polarisée HH, GSLC de la banquise russe affichée en ENVI (à gauche). NISAR RSLC, HH-polarisé, image du glacier Malaspina en Alaska, affichée dans ENVI (à droite).
NV5 travaille actuellement avec Sarmap pour intégrer les outils ENVI SARscape dans l’ ENVI Agent. Cela permet aux utilisateurs d’exécuter rapidement des tâches de traitement SAR tout en obtenant des informations supplémentaires sur leurs analyses. Par exemple, une demande à l’agent ENVI d’estimer la qualité des images polarisées HH et HV du glacier Malaspina du NISAR a donné le résumé suivant :

Un support supplémentaire NISAR est prévu pour une version ENVI SARscape 6.3.1 cet été. Cette publication permettra l’utilisation de données à fréquence « B » pour corriger les délais ionosphériques dans le géocodage d’une image unique et pour éliminer la distorsion de phase ionosphérique lors de la génération de paires d’interférogrammes.
Des fonctionnalités supplémentaires incluront une analyse temporelle des variations d’amplitude et du déplacement de phase, ainsi qu’une possible intégration avec d’autres ensembles de données publics de résolution similaire mais de longueurs d’onde différentes (par exemple, Sentinel-1).
L’outil Import NISAR prendra également en compte les schémas de polarisation suivants :
Enfin, la prochaine version logicielle ENVI SARscape inclura un outil permettant de télécharger directement les données NISAR.
Ces mises à jour renforceront encore sa compatibilité avec les données NISAR, élargissant le champ des applications et améliorant l’expérience utilisateur. À mesure que ces outils évoluent, ils permettront aux chercheurs et aux professionnels d’en tirer des connaissances plus approfondies et de prendre des décisions éclairées basées sur des données précises et opportunes.
THEIA :

Le Pôle THEIA de l’IR Data Terra, dédié aux surfaces continentales, propose depuis avril 2026 des webinaires « Cafés ». Une fois par mois, la communauté des producteurs et utilisateurs de données des surfaces continentales se retrouve à l’heure du café pour mieux comprendre leurs besoins et pour promouvoir l’offre de services du Pôle THEIA. Trois sessions ont déjà eu lieu, autour de la cartographie des forêts française à haute résolution, de l’observation thermiques des surfaces continentales, et la phénologie des arbres.
Suivez cette actualité et les replays sur la page dédiée : https://www.theia-land.fr/cafes-data-terra-theia/
AERIS :

Le Pôle AERIS de l’IR Data Terra, dédié à l’atmosphère, met désormais à disposition le produit iAERUS-GEO/SEVIRI, qui permet de suivre la présence des aérosols dans l’atmosphère grâce aux observations du satellite géostationnaire Meteosat Second Generation (MSG), exploité par EUMETSAT. Les données sont disponibles depuis le 1er juillet 2014 jusqu’à aujourd’hui.
Apprenez en plus sur ce produit sur la page dédiée : https://www.aeris-data.fr/decouvrez-le-nouveau-produit-iaerus-geo-seviri/
ODATIS / AERIS :

Du 20 juin au 29 juillet 2026, la mission internationale WHIRLS se déploie au large de l’Afrique du Sud, dans le courant turbulent des Aiguilles. ODATIS, le Pôle Océan de l’IR Data Terra, intervient via le service AdaC : un logiciel qui traite plusieurs variables issues d’observations satellite et fournit quotidiennement aux chefs de mission des bulletins océaniques basés sur le logiciel #SPASSO. AERIS, le Pôle Atmosphère, intervient en fournissant un site opérationnel comprenant plusieurs fonctionnalités permettant d’aider au mieux les scientifiques durant la campagne, comme le suivi et la visualisation en temps réels sur la carte des différentes plateformes.
Pour en savoir plus sur WHIRLS : https://www.odatis-ocean.fr/actualites/whirls-2026-une-campagne-oceanographique-multidisciplinaire
FormaTerre :

Le Pôle FormaTerre de l’IR Data Terra, dédié à la Terre Solide, vous propose de découvrir le service de calcul à la demande GDM-SAR-In pour simplifier l’accès au traitement InSAR pour la communauté scientifique. Pour les utilisateurs non spécialistes, le service propose une interface avec des options simplifiées, permettant de lancer des traitements InSAR sans se soucier de l’infrastructure sous-jacente. Pour les utilisateurs experts, il offre un moyen rapide d’explorer une nouvelle zone ou un phénomène spécifique (crise volcanique, séisme) tout en conservant une flexibilité sur les paramètres, l’accès aux produits intermédiaires et la possibilité de reprendre certaines étapes du traitement.
Pour en savoir plus : https://www.poleterresolide.fr/le-service-gdm-sar-in/
La France prend la présidence d’une commission de l’ISPRS (2026-2030)
La France a été élue à la présidence de la Commission Technique V (Éducation et Sensibilisation) de la Société Internationale de Photogrammétrie et de Télédétection (ISPRS) pour le mandat 2026-2030. Cette élection consacre le leadership français dans les domaines de la géomatique, de la télédétection et des sciences de l’information géospatiale.
Un projet porté par l’infrastructure Data Terra
Cette candidature est portée par l’infrastructure de recherche française Data Terra, qui fédère 34 organisations (telles que le CNRS, le CNES, l’IGN ou l’INRAE). Data Terra offre un écosystème complet de données et de services couvrant l’atmosphère, les surfaces continentales, les océans, la Terre solide et la biodiversité. L’objectif est de mettre cette expertise au service de la communauté internationale en favorisant l’interopérabilité des données (principes FAIR) et l’intégration de l’intelligence artificielle. Cette candidature est supportée également par la Société Française de Photogrammétrie et de Télédétection (SFPT), branche française de l’ISPR dont Data Terra est membre.
Une coopération franco-marocaine dynamique
La gouvernance de cette commission repose sur une initiative conjointe entre la France et le Maroc. La présidence sera assurée par le Dr Alessandro Rizzo (France, IRD) et le Professeur Adnane Labbaci (Maroc, Université Ibn Tofail), garantissant ainsi une complémentarité scientifique et une dimension internationale accrue.

Trois priorités stratégiques pour 2026-2030
Sous cette présidence, la France s’articulera autour de trois axes majeurs :
En somme, ce mandat vise à démocratiser l’accès aux outils de l’observation de la Terre et à aligner la formation académique sur les besoins technologiques et sociétaux actuels.
Pour plus d’information : https://www.data-terra.org/actualite/france-secures-the-presidency-of-an-isprs-commission/
Le CEREMA organise cet évènement les 18 et 19 novembre 2026 à Aix-en-Provence :
