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Lettre d’information #62 – Octobre 2026
Éditorial #62
Chères adhérentes, chers adhérents,
Cette nouvelle newsletter de la SFPT illustre une fois encore le dynamisme de notre communauté scientifique et professionnelle. Vous y découvrirez les travaux d’Antoine Collin sur la fusion de données hyperspectrales et très haute résolution spatiale pour l’observation des zones côtières, ainsi que plusieurs actualités marquantes concernant les projets du CNES, les initiatives du Space for Climate Observatory (SCO) et l’agenda des grands rendez-vous scientifiques à venir.
Nous mettons également à l’honneur les avancées de VR2Planets avec sa plateforme VRExplorer, qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploration collaborative de données 3D massives en photogrammétrie et télédétection.
Enfin, nous nous réjouissons du rayonnement international de notre communauté avec l’élection de Nicolas Paparoditis, directeur général adjoint de l’IGN à la présidence de l’ISPRS, une reconnaissance majeure pour la recherche et l’expertise françaises dans nos domaines.
Bonne lecture à toutes et à tous.
Le bureau de la SFPT
Nicolas Paparoditis élu président de l’ISPRS
Nicolas Paparoditis, directeur général adjoint de l’IGN, mais aussi membre de longue date de la SFPT (ancien trésorier et vice-président des affaires internationales, actuellement membre du conseil d’administration) a été élu président de l’ISPRS.
Cette élection récompense un engagement de longue date de Nicolas dans le monde de la recherche et dans la diffusion de la connaissance scientifique à travers des sociétés savantes comme l’ISPRS (dans laquelle Nicolas, alors vice-président, a notamment assuré l’organisation du congrès de Nice en 2022) et la SFPT.
L’engagement de Nicolas dans la direction de l’ISPRS illustre le dynamisme de la France dans le domaine de la photogrammétrie et de la télédétection. C’est aussi une fierté pour la SFPT qui montre l’investissement de notre association dans cette instance internationale.
L’article sur le site de l’IGN :
Le conseil de l’ISPRS pour la période 2026/2030 : ISPRS Announcements
Nos membres publient :
Antoine Collin (Centre de GéoEcologie Littorale, Observatoire Littoral de la Côte d’Emeraude, EPHE) a publié dans l’ISPRS 2026 un article disponible sur ce lien : https://isprs-archives.copernicus.org/articles/XLIX-B1-2026/3/2026/index.html.
Le résumé de l’article est le suivant :
Enhancing hyperspectral VNIR spatial resolution on the coastal landscape: getting 63 bands at 3 m through the PRISMA VNIR and PlanetScope Dove-R fusion
Antoine Collin, Laurine Nogue, Manuel Salgueiro Simon, Gwenal Hervouët, and Tony Durozier
Keywords: PRISMA, PlanetScope, Pansharpening, Regression, Coastal, Landscape
Abstract. The coastal zones consist of the interfaces between land and sea, undergoing the mobility of the shoreline at an unprecedented pace over the last centuries. Such a trajectory, at the global scale, exacerbates the coastal risks (intersecting hazards, exposure and vulnerability), calling upon a scalable methodology to ensure the precise and accurate monitoring. One of the observation solutions resides in the satellite platform provided with the finest spatial and spectral resolutions. Because remote sensing is a science of trade-offs, no sensors can be both excellent in spatial and spectral specificities.
We propose an original research study to create an imagery endowed with both high spatial and spectral characteristics, purposed to classify a representative coastal zone (12 habitat classes) in a temperate area in Brittany, France. The methodology highlights a transferable fusion procedure based on the simultaneous acquisition (10-min difference) of the 30-m hyperspectral PRISMA satellite imagery and the 3-m PlanetScope (Dove-R) imagery, made possible given the very high temporal resolution of the PlanetScope constellation. The spatial resolution of the hyperspectral PRISMA imagery, in the visible and near-infrared spectrum (63 bands), was successfully upscaled at 3 m, using a bandwise linear prediction from the 4 PlanetScope Dove-R bands (collected at 3 m). The model residuals showed that the pansharpened PRISMA imagery (5 m) was better enhanced (absolute deviation of 0,011) than the original PRISMA imagery (30 m, absolute deviation of 0,015). Seawater and mudflat were the best habitats upscaled, whereas the road and the roof were the worst classes predicted.
A vos calendriers ! Évènements à venir
- Conférence Joint Urban Remote Sensing 2027 :
La conférence Joint Urban Remote Sensing Event – JURSE 2027 se tiendra à Amsterdam (Pays-Bas), du 30 juin au 2 juillet 2027. Ce sera une excellente occasion de rencontrer des chercheurs, des professionnels et des étudiants travaillant dans le domaine de la télédétection urbaine. JURSE présente de nouvelles méthodologies et ressources technologiques permettant d’étudier les environnements urbains à partir de données de télédétection satellitaire et aéroportée.
Les auteurs souhaitant participer sont invités à soumettre un article complet en anglais de 4 pages maximum, sur deux colonnes, comprenant les illustrations, les résultats et les références bibliographiques.
Dates importantes
- Date limite de soumission des articles : 17 novembre 2026
- Notification d’acceptation : 2 février 2027
- Date limite de soumission de la version finale (Camera-Ready) : 22 mars 2027
- Date limite d’inscription anticipée (Early Registration) : 12 avril 2027
- Dates de la conférence : du 30 juin au 2 juillet 2027
Toutes les informations nécessaires sont disponibles sur le site : https://www.jurse2027.org/
- Journées scientifiques (JS-27) d’URSI-France
Elles se tiendront à Toulouse du 16 au 18 mars 2027, sur le thème de la Sécurité matérielle et communications sans fil. Le site web d’information sera disponible fin octobre 2026.
- Journées « Propagation radioélectrique – Caractérisation de l’environnement»
Elles se tiendront à Rennes (INSA de Rennes – Amphi M’Hamed Drissi, 20 avenue des buttes de Coësmes) les 27 et 28 Janvier 2027. Plus d’info sur : https://propag-2027.sciencesconf.org/
- A paraitre :
La Revue de l’Electricité et de l’Electronique (REE) va publier son prochain numéro : REE 2026-3 (Dossier «drones»).
Projets et publication du CNES :
Le CNES vient de lancer quatre nouveaux projets avals CO3D, suite à l’appel de fin 2025. Tous les détails sont sur GEODES :
Par ailleurs, le CNES a publié cet été sur son site un article qui évoque les techniques spatiales d’imagerie et de communication au service de la gestion des incendies de forêt : « Feux de forêt : depuis l’espace, une surveillance rapprochée ». Le sujet de l’été !
https://cnes.fr/actualites/feux-de-foret-lespace-une-surveillance-rapprochee
Space for Climate Observatory (SCO)
Appel à projets du SCO France, ouvert jusqu’au 15/11/2026
L’Observatoire Spatial pour le Climat (SCO) lance son Appel à Projets annuel, invitant équipes de recherche, entreprises et utilisateurs à proposer des projets pour continuer à transformer le paysage de l’action climatique. C’est une nouvelle occasion de faire partie d’une initiative internationale qui exploite la puissance des données d’Observation de la Terre pour développer des outils opérationnels répondant aux défis du changement climatique, en complément de toutes autres données. Tous les projets en lien avec les impacts du changement climatique sont bienvenus.
Lien :
https://www.spaceclimateobservatory.org/fr/appel-projets-sco-france-2027
Post LinkedIn : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7503685602425466880
Bientôt le SCO World Virtual Congress, du 16 au 20 novembre 2026
Reconnu sur la scène internationale pour son action et son rôle fédérateur, l’Observatoire spatial pour le Climat ou Space for Climate Observatory (SCO) organise son premier Congrès virtuel mondial du 16 au 20 novembre 2026, durant la COP21. Pas moins de 12 webinaires thématiques et 100% en ligne sont programmés à différents fuseaux horaires pour inclure des partenaires et des acteurs du monde entier.
N’attendez pas, découvrez le programme complet et inscrivez-vous aux sessions de votre choix :
https://www.spaceclimateobservatory.org/fr/sco-world-virtual-congress
Post LinkedIn :
VR2Planets : actualité produit, note technique
Les Webinaires de la SFPT #1 : le biais du survivant en télédétection par Laurent Polidori
La SFPT a le plaisir de vous convier, le jeudi 15 octobre de 13h30 à 14h15, à un webinaire avec Laurent Polidori sur le biais du survivant en télédétection.
Le biais du survivant fait référence au fait que des conclusions sont tirées à partir d’un échantillon non représentatif limité aux cas qui ont survécu à un processus de sélection. Ce biais affecte la littérature scientifique, qui a tendance à sélectionner les expériences réussies et à cacher les échecs. La télédétection, comme d’autres sciences basées sur les données, est touchée par le biais du survivant, ce qui empêche d’avoir une idée claire du vrai potentiel et des limites des données et des méthodes. Une typologie des causes d’échec est proposée pour encourager une lecture critique de la bibliographie, et des perspectives sont présentées pour surmonter ce biais en améliorant les pratiques au sein des communautés universitaires et industrielles de la télédétection.
Laurent Polidori a occupé diverses fonctions dans la recherche industrielle et académique en observation de la Terre. Il est aujourd’hui professeur à l’UFPA (Universidade Federal do Pará, Belém, Brésil). Il a présidé la SFPT (2008-2014) et la Commission Technique « Remote Sensing » de l’ISPRS (2022-2026).
Ce webinaire inaugure un nouveau cycle de rencontres en ligne organisé par la SFPT afin de partager régulièrement avec la communauté les avancées et réflexions dans nos domaines.
Pour vous connecter à la réunion, suivre le lien Les Webinaires de la SFPT #1 : le biais du survivant en télédétection par Laurent Polidori | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
Lettre d’information #61 – Juillet 2026
Éditorial #61
Raphaële Héno, présidente de la SFPT
Chères adhérentes, chers adhérents,
Cette nouvelle édition de la newsletter de la SFPT témoigne une fois encore du dynamisme de notre communauté et de la richesse des évolutions dans les domaines de la photogrammétrie, de la télédétection et de l’observation de la Terre.
Nous y partageons tout d’abord les évolutions de la gouvernance de notre association, avec le renouvellement du Conseil d’administration et du Bureau, avant de mettre en lumière plusieurs actualités marquantes : les initiatives du CNES dans le cadre de France 2030, les avancées autour de la mission NISAR et de ses applications prometteuses, ainsi que les dernières actions menées au sein des pôles de l’infrastructure de recherche Data Terra. Nous nous réjouissons par ailleurs que l’assemblée générale de l’ISPRS ait choisi le projet franco-marocain porté par Alessandro Rizzo et Adnane Labbaci pour piloter jusqu’en 2030 la commission V (Education and outreach) sur un périmètre élargi aux plateformes de données.
Ces informations illustrent la vitalité de notre écosystème et le rôle essentiel des données géospatiales pour répondre aux enjeux scientifiques, environnementaux et territoriaux d’aujourd’hui.
Je vous souhaite une excellente lecture et un très bel été.
Renouvellement du Conseil d’Administration de la SFPT et nouveau Bureau !
Suite à l’Assemblée Générale du 9 juin dernier, la SFPT a accueilli trois nouvelles personnes dans son Conseil d’Administration :
- Laure Chandelier (Cheffe de mission mixte technologique, Direction de l’observation de la Terre et du positionnement, IGN)
- Anne Jacquin (Data Scientist, experte Agri/Environnement, service Solutions and future services, Airbus Defence and Space GEO)
- David Youssefi (Spécialiste Développement Segment Sol, Direction Technique et Numérique, Service Imagerie optique et Défense, CNES)
Les trois arrivants remplacent Olivier de Joinville (démissionnaire), Jean-Marc Laherere (CNES, départ en retraite) et Luc Lapierre.
Pour le Bureau, il y avait deux places vacantes : le poste de Secrétaire Général laissé par Michaël Tonon (Airbus) arrivant en fin de mandat non renouvelable, et celui de Trésorier Adjoint que Luc Lapierre ne souhaitait pas renouveler. Par ailleurs, un poste de Secrétaire Général Adjoint a été ouvert pour assister le nouveau Secrétaire Général. Ont été élus :
- Laure Chandelier (IGN) au poste de Secrétaire Général ;
- Michaël Tonon (Airbus) au poste de Secrétaire Général Adjoint ;
- David Youssefi (CNES) au poste de Trésorier Adjoint.
La liste exhaustive de tous les membres du CA et du Bureau de la SFPT figure sur notre site web : https://www.sfpt.fr/bureau-et-conseil-dadministration-de-la-sfpt/
La SFPT remercie chaleureusement les partants pour tout ce qu’ils ont apporté à la SFPT pendant ces nombreuses années. Un remerciement spécial à Luc Lapierre pour l’important travail qu’il a effectué comme Trésorier et Trésorier Adjoint de la SFPT : Luc, avec Nahossio Gonga, ont été à l’origine du passage de la base d’adhérents sous Pep’s Up et y ont beaucoup travaillé, ainsi que dans la mise au net des différents comptes de la SFPT. Afin de continuer à nous apporter son expertise sur les comptes, Luc a accepté de continuer à conseiller le CA et le Bureau pendant encore quelques temps.
Nous remercions également beaucoup tous les nouveaux arrivants pour leur engagement et la nouvelle énergie qu’ils vont amener dans l’Association. Nous sommes persuadés qu’ils vont nous apporter beaucoup pour renouveler les défis qui nous attendent !

Actualité du CNES :
- Les données spatiales au service des institutionnels publics pour faire face aux enjeux de nos territoires grâce au plan France 2030 :
Démonstrations des services FR2030 opérés par le CNES. Tous les indicateurs disponibles sont dérivés de la donnée d’observation de la Terre pour en prouver la valeur ajoutée auprès des acteurs publics.
- [FRANCE 2030] Pollution lumineuse et indicateurs économiques : les premières versions des services dévoilées
Présentation des services Pollution Lumineuse et Services Economiques
- Lancement de JUNN , un socle technologique commun, ouvert et souverain, pour accélérer le déploiement des jumeaux numériques de territoire en France, dans lequel le CNES participe au côté de 14 partenaires publics et privés dont IGN
JUNN : un nouvel élan pour les jumeaux numériques de territoire en France – GEODES
Introduction du support des données NISAR dans ENVI SARscape
La sortie d’ ENVI® SARscape 6.3 en avril 2026 inclut un support préliminaire des données NASA-ISRO SAR (NISAR). La mission NISAR est un projet conjoint de satellite d’observation de la Terre entre la NASA et l’Agence Spatiale Indienne (ISRO), conçu pour surveiller les changements des surfaces terrestres et glacées de la planète à l’aide d’imagerie radar. Il fournit des données de résolution moyenne, toutes conditions météorologiques, jour et nuit, pour étudier des phénomènes tels que :
- Changements de végétation et de la couverture terrestre
- Biomasse et dynamique des zones humides
- Écosystèmes forestiers
- Variation de l’humidité du sol
- Tectonique et effets des séismes
- Glissements de terrain
- Déplacement des glaciers
- Altérations du terrain causées par l’homme
NISAR améliorera notre compréhension des changements environnementaux, ainsi que des dangers naturels et anthropiques sur la terre et la glace.

| Date de lancement | 30 juillet 2025 |
| Fréquence | 12 jours |
| Bandes | Bande L (longueur d’onde de 24 cm), fournie en deux fréquences : A et B. La fréquence A convient à l’interférométrie et en général aux applications mentionnées ci-dessus, tandis que B convient aux corrections d’effet de l’ionosphère. Bande S (longueur d’onde de 10 cm, fréquence de 3,2 GHz) |
| Résolution | Bande L : 7 m along track, 2 à 8 m cross track (selon le mode) Bande S : 8 m along track, 3 à 24 m cross track |
| Polarimétrie | Polarisation simple, double, compact, quad pol |
| Couverture | Bande L : global Bande S : Inde et autres lieux sélectionnés |
| Accès aux données | Bande L : NASA EarthData, Alaska SAR Facility Vertex Bande S et bande L : ISRO Bhoonidhi |
| Usage | Bande L : Interférométrie pour les déformations de surface, la végétation, l’humidité du sol, l’analyse des inondations, la surveillance de la cryosphère Bande S : Surface végétale supérieure |
En février 2026, plus de 100 000 échantillons de données pré-étalonnées ont été rendus publics. Les produits calibrés sont prévus pour juillet 2026.
Actuellement, ENVI SARscape supporte les types de données NISAR suivants :
- Niveau 1, Range Doppler Single Complex (RSLC), image SAR focalisée en coordonnées distance-Doppler (pilotage sans Doppler)
- Niveau 2, Geocoded Single Look Complex (GSLC), image SAR focalisée en coordonnées géocodées, adaptée à l’analyse de l’amplitude de rétrodiffusion et aux cartes de changement
ENVI SARscape 6.3 fournit un outil d’import NISAR pour importer les types de données NISAR mentionnés ci-dessus et les enregistrer dans un format SLC dédié pour un traitement ultérieur.


VÉGÉTATION, AGRICULTURE ET INONDATIONS
Un aspect passionnant du NISAR est l’inclusion d’un capteur en bande L, qui nous permet d’observer des phénomènes uniques que nous ne pouvons pas atteindre avec des capteurs à longueur d’onde plus courte tels que les bandes X et C. Par exemple, les capteurs en bande L permettent une pénétration plus profonde dans les couches de la canopée végétale, interagissant avec les troncs, les branches, et même partiellement avec le sol. Les longueurs d’onde de la bande L sont sensibles à la biomasse et aux composants ligneux, ce qui facilite l’estimation de l’humidité du sol dans les zones peu végétalisées et modérément végétalisées.
Végétation
Des données SAR complexes peuvent être utilisées pour analyser la végétation en utilisant la partie intensité du signal radar, la phase ou les deux. Des exemples sont présentés ci-dessous pour la zone agricole des Everglades au sud du lac Okeechobee en Floride, aux États-Unis. Un ensemble de cinq images NISAR HH+HV entre novembre 2025 et janvier 2026 a été combiné pour une analyse statistique de l’intensité des signaux radar réfléchis.
La composition RVB résultante présente le coefficient de variation (canal rouge), la valeur minimale (canal vert) et le gradient (canal bleu). Le coefficient de variation est le rapport entre la variation standard et la valeur moyenne de l’intensité de rétrodiffusion SAR, montrant les variations des cultures. Les pixels verts indiquent la valeur minimale de rétrodiffusion extraite de toutes les données d’entrée ou les changements minimes sur la surface. Les pixels en dégradé (bleus) représentent la variation absolue maximale entre les dates d’acquisition consécutives pour suivre les changements rapides dans le temps. La combinaison de ces paramètres statistiques révèle où les changements sont apparus pendant la période d’observation – les zones rouges, bleues et violettes, et où les États sont restés stables – les zones vertes.

Une série temporelle d’intensité peut révéler exactement quand les changements se sont produits :


Une série d’images NISAR en bande L peut être utilisée pour dériver l’Enhanced Dual Polarization SAR Vegetation Index (EDPSVI) en utilisant des données polarisées HH+HV ou VV+VH. Cet indice démontre la diversité de la couverture terrestre et l’étendue de la végétation à partir des informations d’intensité issues d’un ensemble d’images uniques en bande L. L’estimation supplémentaire de la cohérence dans la méthode EDPSVI fournit un seuil pour distinguer les zones urbaines des zones végétalisées. Cela permet d’éviter les mauvais calculs des composants de biomasse sur les zones non végétalisées.

Enfin, une série temporelle de cohérence peut être utilisée pour générer un profil temporel, comme indiqué ci-dessous.


Agriculture
L’exemple suivant montre une analyse des vergers dans la région du Telangana en Inde pendant la saison sèche (décembre 2025 à janvier 2026). Pour cette étude, un ensemble d’images NISAR en bande L a été collecté entre novembre 2025 et janvier 2026. Les signaux radar en bande L peuvent pénétrer à travers la canopée des arbres et atteindre les troncs avec une forte rétrodiffusion. Ainsi, la cohérence reste stable et forte au fil du temps, ce qui se manifeste par des parcelles de terre plus brillantes dans des cartes de cohérence multi-temporelles. En revanche, les champs de culture environnants présentent une cohérence variable dans le temps, visible sous forme de taches plus sombres.
Une analyse conjointe a été réalisée à l’aide des indices de végétation E-DPSVI et NDVI calculés à partir de séries d’images Sentinel-1&2 sur un an.

Inondations
Le radar en bande L du NISAR est très efficace pour la cartographie des inondations car il peut détecter l’eau grâce à un fort contraste radar et identifier les inondations sous les couvertures forestières. L’eau libre paraît sombre car le signal radar rebondit sur l’eau et s’éloigne du capteur. Les forêts inondées paraissent lumineuses car le signal radar rebondit entre les troncs d’arbres et l’eau dans un processus connu sous le nom de diffusion dièdrique (ou double rebond).
Le parc national Kruger, en Afrique du Sud, a subi d’importantes inondations le 12 janvier 2026. Les images ci-dessous montrent des scènes NISAR GLSC HH-polarisées avant et après l’inondation.


À partir de ces deux images, nous avons utilisé l’outil ENVI SARscape Flooding Classification pour créer une carte de classification des inondations de la région.

DÉFORMATIONS DE LA CROÛTE TERRESTRE
Même avec la disponibilité limitée des données NISAR, une démonstration préliminaire montre une approche de Small Baseline Subset (SBAS) pour la surveillance de la déformation de surface. Dans cet exemple, six images NISAR ont été collectées autour de Mexico entre octobre 2025 et janvier 2026. Pour vérifier les résultats, l’ensemble de données d’observation a été étendu avec 30 images Sentinel-1 collectées entre janvier 2024 et décembre 2024, ainsi que 18 images Capella de juin à août 2024.


Vitesse déterminée par le NISAR dans la région de Mexico pour la période d’octobre 2025 à janvier 2026 (à gauche). Comparaison de la vitesse LOS pour Mexico déterminée par les images NISAR (bande L), Sentinel-1 (bande C) et Capella (bande X) (à droite), Sarmap.
GLACE DE MER ET GLACIERS
Les longueurs d’onde de la bande L peuvent pénétrer les couches de neige et les surfaces de glace sèche, nous permettant de surveiller la dynamique des glaciers et d’estimer la vitesse des calottes glaciaires en mouvement.


Image géocodée, polarisée HH, GSLC de la banquise russe affichée en ENVI (à gauche). NISAR RSLC, HH-polarisé, image du glacier Malaspina en Alaska, affichée dans ENVI (à droite).
ENVI SARSCAPE ET ENVI AGENT
NV5 travaille actuellement avec Sarmap pour intégrer les outils ENVI SARscape dans l’ ENVI Agent. Cela permet aux utilisateurs d’exécuter rapidement des tâches de traitement SAR tout en obtenant des informations supplémentaires sur leurs analyses. Par exemple, une demande à l’agent ENVI d’estimer la qualité des images polarisées HH et HV du glacier Malaspina du NISAR a donné le résumé suivant :

REGARD VERS L’AVENIR
Un support supplémentaire NISAR est prévu pour une version ENVI SARscape 6.3.1 cet été. Cette publication permettra l’utilisation de données à fréquence « B » pour corriger les délais ionosphériques dans le géocodage d’une image unique et pour éliminer la distorsion de phase ionosphérique lors de la génération de paires d’interférogrammes.
Des fonctionnalités supplémentaires incluront une analyse temporelle des variations d’amplitude et du déplacement de phase, ainsi qu’une possible intégration avec d’autres ensembles de données publics de résolution similaire mais de longueurs d’onde différentes (par exemple, Sentinel-1).
L’outil Import NISAR prendra également en compte les schémas de polarisation suivants :
- Données co-polarisées (HH et VV pour la bande A, HH pour la bande B) et données cross-polarisées (HV et VH pour la bande A, HV pour la bande B)
- Données uniquement co-polarisées (pour l’interférométrie)
- Uniquement les données croisées (à des fins polarimétriques)
- Pol simple, double et quadruple
Enfin, la prochaine version logicielle ENVI SARscape inclura un outil permettant de télécharger directement les données NISAR.
Ces mises à jour renforceront encore sa compatibilité avec les données NISAR, élargissant le champ des applications et améliorant l’expérience utilisateur. À mesure que ces outils évoluent, ils permettront aux chercheurs et aux professionnels d’en tirer des connaissances plus approfondies et de prendre des décisions éclairées basées sur des données précises et opportunes.
RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES
Actualités des Pôles de l’IR Data Terra :
THEIA :

Le Pôle THEIA de l’IR Data Terra, dédié aux surfaces continentales, propose depuis avril 2026 des webinaires « Cafés ». Une fois par mois, la communauté des producteurs et utilisateurs de données des surfaces continentales se retrouve à l’heure du café pour mieux comprendre leurs besoins et pour promouvoir l’offre de services du Pôle THEIA. Trois sessions ont déjà eu lieu, autour de la cartographie des forêts française à haute résolution, de l’observation thermiques des surfaces continentales, et la phénologie des arbres.
Suivez cette actualité et les replays sur la page dédiée : https://www.theia-land.fr/cafes-data-terra-theia/
AERIS :

Le Pôle AERIS de l’IR Data Terra, dédié à l’atmosphère, met désormais à disposition le produit iAERUS-GEO/SEVIRI, qui permet de suivre la présence des aérosols dans l’atmosphère grâce aux observations du satellite géostationnaire Meteosat Second Generation (MSG), exploité par EUMETSAT. Les données sont disponibles depuis le 1er juillet 2014 jusqu’à aujourd’hui.
Apprenez en plus sur ce produit sur la page dédiée : https://www.aeris-data.fr/decouvrez-le-nouveau-produit-iaerus-geo-seviri/
ODATIS / AERIS :

Du 20 juin au 29 juillet 2026, la mission internationale WHIRLS se déploie au large de l’Afrique du Sud, dans le courant turbulent des Aiguilles. ODATIS, le Pôle Océan de l’IR Data Terra, intervient via le service AdaC : un logiciel qui traite plusieurs variables issues d’observations satellite et fournit quotidiennement aux chefs de mission des bulletins océaniques basés sur le logiciel #SPASSO. AERIS, le Pôle Atmosphère, intervient en fournissant un site opérationnel comprenant plusieurs fonctionnalités permettant d’aider au mieux les scientifiques durant la campagne, comme le suivi et la visualisation en temps réels sur la carte des différentes plateformes.
Pour en savoir plus sur WHIRLS : https://www.odatis-ocean.fr/actualites/whirls-2026-une-campagne-oceanographique-multidisciplinaire
FormaTerre :

Le Pôle FormaTerre de l’IR Data Terra, dédié à la Terre Solide, vous propose de découvrir le service de calcul à la demande GDM-SAR-In pour simplifier l’accès au traitement InSAR pour la communauté scientifique. Pour les utilisateurs non spécialistes, le service propose une interface avec des options simplifiées, permettant de lancer des traitements InSAR sans se soucier de l’infrastructure sous-jacente. Pour les utilisateurs experts, il offre un moyen rapide d’explorer une nouvelle zone ou un phénomène spécifique (crise volcanique, séisme) tout en conservant une flexibilité sur les paramètres, l’accès aux produits intermédiaires et la possibilité de reprendre certaines étapes du traitement.
Pour en savoir plus : https://www.poleterresolide.fr/le-service-gdm-sar-in/
Data Terra s’implique dans l’ISPRS
La France prend la présidence d’une commission de l’ISPRS (2026-2030)
La France a été élue à la présidence de la Commission Technique V (Éducation et Sensibilisation) de la Société Internationale de Photogrammétrie et de Télédétection (ISPRS) pour le mandat 2026-2030. Cette élection consacre le leadership français dans les domaines de la géomatique, de la télédétection et des sciences de l’information géospatiale.
Un projet porté par l’infrastructure Data Terra
Cette candidature est portée par l’infrastructure de recherche française Data Terra, qui fédère 34 organisations (telles que le CNRS, le CNES, l’IGN ou l’INRAE). Data Terra offre un écosystème complet de données et de services couvrant l’atmosphère, les surfaces continentales, les océans, la Terre solide et la biodiversité. L’objectif est de mettre cette expertise au service de la communauté internationale en favorisant l’interopérabilité des données (principes FAIR) et l’intégration de l’intelligence artificielle. Cette candidature est supportée également par la Société Française de Photogrammétrie et de Télédétection (SFPT), branche française de l’ISPR dont Data Terra est membre.
Une coopération franco-marocaine dynamique
La gouvernance de cette commission repose sur une initiative conjointe entre la France et le Maroc. La présidence sera assurée par le Dr Alessandro Rizzo (France, IRD) et le Professeur Adnane Labbaci (Maroc, Université Ibn Tofail), garantissant ainsi une complémentarité scientifique et une dimension internationale accrue.

Trois priorités stratégiques pour 2026-2030
Sous cette présidence, la France s’articulera autour de trois axes majeurs :
- L’excellence scientifique : Soutenir la recherche de pointe en modélisation 3D, analyse de données massives (Big Data) et IA appliquée à la télédétection.
- La structuration des infrastructures : Utiliser l’infrastructure Data Terra comme modèle pour le partage de données et de services à l’échelle mondiale.
- La diffusion des connaissances : Accélérer la formation via des ressources éducatives ouvertes (MOOCs, écoles d’été, webinaires) pour les étudiants, les chercheurs débutants et les décideurs.
En somme, ce mandat vise à démocratiser l’accès aux outils de l’observation de la Terre et à aligner la formation académique sur les besoins technologiques et sociétaux actuels.
Pour plus d’information : https://www.data-terra.org/actualite/france-secures-the-presidency-of-an-isprs-commission/
La 8e édition des drones en appui aux territoires
Le CEREMA organise cet évènement les 18 et 19 novembre 2026 à Aix-en-Provence :
